La crise – Les DOM – La réforme des collectivités territoriales

Voilà un certain temps que je ne me suis pas vraiment exprimée directement, et cela pour deux raisons : une opération qui m’a tenue éloignée de vous et une avalanche de sujets économiques et politiques qui me laisse intimement persuadée comme vous toutes et tous, que le monde change trop vite !
Même en tant que femme politique j’ai du mal à digérer tout ça ; je vous fais part de mon avis ou en tout cas de mes interrogations.
Finalement trois dossiers me « titillent » l’esprit depuis quelques jours et je vous livre un peu telles quelles mes réflexions.

- La crise
- Les DOM
- La réforme des collectivités territoriales

1 – Le premier, c’est la crise qui nous secoue dont on dit qu’elle serait moins monstrueuse ici en France en raison de deux facteurs ; une protection sociale tel un rideau de fer protecteur pour nos salariés et un endettement moindre des citoyens. Soit.
- Est-ce pour cette raison que le Plan de relance gouvernemental se porte davantage sur l’investissement afin de préserver l’emploi et de recentrer l’effort sur le long terme ?
- Est ce pour cette raison que la consommation ne l’est pas ? (refus d’augmentation du SMIC, refus de supprimer les heures supplémentaires et de remettre en question le bouclier fiscal).

Je n’ai pas de réponse, mais je peux en tant qu’élue vous dire qu’il faudra sûrement jouer sur tous les tableaux pour sortir de la crise en acceptant de remettre en cause notre système de valeurs très inadapté.

Pour sortir de cette crise, il faudra, et Sarkozy le sait, abandonner le système libéral du « travailler plus pour gagner plus » qui l’a fait élire, il y a deux ans.

C’est là que je vous conseille de réfléchir au plan OBAMA qui prône dans les dix ans l’indépendance énergétique en se fondant sur les idées d’Al GORE : dans le monde 2250 Milliards de dollars sont consacrés à maintenir en vie des entreprises mourantes et à perpétuer de mauvaises habitudes ; combustibles fossiles, pollution des eaux du climat… Il va falloir, je le crois vraiment, se tourner vers une gestion en commun de l’énergie et chercher à augmenter les richesses de la terre plutôt que les revenus.

Alors oui, en France Jean-Louis Borloo mon président du Parti Radical, ordonnateur du Grenelle de l’Environnement doit être davantage entendu ; Si plan de relance 2 il y a, et bien il faudra faire mieux et réaliser un New Deal écologique.
En suivant aussi les recommandations du programme pour l’environnement des Nations Unis qui prônent 1% du PNB pour l’écologie c’est-à-dire aller vers une autre logique qui elle crée de l’emploi : rénovation des immeubles pour l’objectif de moins de consommation énergétique, éducation et formation à la chasse au gaspillage, dépollution des fleuves…

Je nous laisse cet espoir : l’économie verte peut être une solution pour sortir de cette crise.

2 – Un autre sujet les DOM ; ces terres de cocagne, de soleil, de mer et de musique.
On s’aperçoit un peu tard que cette crise n’est pas seulement économique mais écologique et éthique ; les gens ont peur de ne pas avoir d’avenir. Et c’est terrible.
Pourquoi la loi républicaine ne s’applique-t-elle pas ? Pas d’égalité, pas d’équité, pas de fraternité dans ces territoires.
Un petit nombre de famille se partage le pouvoir économique avec un monopole sur le prix des carburants et des denrées économiques ; Un étouffement en règle des trois quart de la population par un petit quart.
Et dans ces territoires socialistes quel n’est pas mon étonnement que d’entendre les revendications de la population : vivre décemment, une loi égale et une répartition juste des richesses ?

40% des jeunes et 22% des adultes sont au chômage.
Quel gâchis ! Alors, encore une fois le politique a pour mission de remettre l’éthique au centre de ses préoccupations, et de faire que la crise soit résolue rapidement.

3 – Troisième sujet
: la réforme des collectivités territoriales

Monsieur Balladur et ses compères vont remettre ce jeudi rapport au chef de l’Etat et… Les discussions commenceront à cette date et sans doute jusqu’au projet de loi qui sera déposé à l’automne, qui scelle un autre épisode de la décentralisation en France.

Notez au passage que l’on nous parle de reforme et non de décentralisation ; Raffarin avait échoué dans ce domaine en 2002 ; il faut préciser que cette réforme-là, si elle a lieu, renforcera le rôle de l’Etat et des Assemblées et ne sera pas seulement un simple transfert de charges sur nos collectivités. C’est un bon point !

Le sens de cette réforme c’est surtout de ne pas tout demander à l’Etat, de se positionner dans une géographie Européenne, de simplifier les pouvoirs, de responsabiliser les élus et de mettre fin à un mille feuille territorial « bien de chez nous ».
Bien entendu, cela suppose du temps cette reforme risque de n’être abouti que dans vingt ans mais à court terme (2014), c’est une diminution du nombre d’élus et un regroupement des collectivités sans suppression de collectivités.
Savez-vous qu’il a 558 000 élus en France soit 1 élu pour 111 habitants soit 4 fois plus qu’aux États-Unis ?

Le canevas est dressé : que nous dit ce rapport ?

À mon sens bien sûr, il dit clairement que pour être plus dynamique les collectivités doivent être plus puissantes parce que 75 % des investissements sont faits par les collectivités, elles ont un pouvoir économique énorme.
Que le territoire doit être simplifié.
Que la fiscalité est exsangue.
Que les charges sont trop fortes.
Qu’il va falloir accepter cette réforme malgré l’éternelle idée que la France est irréformable !
En effet il est franchement difficile de toucher aux situations acquises, en la matière les freins sont énormes.

Le rapport suggère plusieurs scénarios : un système plus simple entre « deux pôles d’avenir » constitués de régions et de départements qui seraient élus ensemble en 2014, qui auraient compétences exclusives ; le développement économique à la région avec les lycées la proximité et le social au département. BOF…

Le rapport se penche plus sérieusement sur les communes (plus de 36.000), les communautés de communes et les agglomérations. Ces dernières se verront attribuer par la loi, et non par une volonté particulière, un territoire, des outils financiers et des moyens financiers. La loi prévoit la création de 11 métropoles.

Ce rapide tableau me fait prendre conscience de plusieurs choses :

Les grands gagnants seront les agglomérations qui s’allieront ou non avec leurs départements. Dans le Rhône, par exemple où le grand LYON a une population de 1 200.000 hab. contre 400.000 habitants pour le reste du département, il ne fait aucun doute que LYON et ces 52 communes ne seront plus dans le département du Rhône et que ce dernier devra s’allier peut être avec une partie de l’Ain ou de la Saône et Loire pour éviter l’asphyxie rurale.

Les régions qui ne devront leur survie de territoire qu’au volontarisme sont les grandes exclues de cette réforme et c’est dommage à l’heure européenne.

On peut simplement acter de l’idée que la commission Balladur veut rendre plus puissante chacune des collectivités mais n’en supprimer aucune !

On le voit bien avec la polémique picarde ou la bonne humeur alsacienne : l’une lutte contre le démantèlement, l’autre pour rapprocher deux département et se fondre dans une région…
Horreur et damnation tout est possible ☺

Je fais un petit voeu : menu imposé et/ou à la carte ?
Surtout voyons et soyons grands et généreux, démontrons qu’il faut faire cette réforme mais qu’il faudra avoir le courage de modifier les frontières, d’éliminer quelques élus, de couper et remodeler la carte de la France.

C’est essentiel et je le redis : les collectivités sont aussi un moteur de l’économie.

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Edito Fabienne Levy, lyon radical

Fabienne Levy
Secrétaire Nationale du Parti Radical en charge du Patrimoine et de la Culture | Conseillère Régionale | Conseillère du Grand Lyon | Elue (Lyon 1er)