Un emplacement « stratégique » pour le futur commissariat du 1er (Le Progrès 20 mai 2009)
L’immeuble loué place Louis-Pradel regroupera, à partir de mars 2010, les effectifs de police des 1er et 4e arrondissements et d’autres services : brigade des mœurs, sûreté urbaine de proximité, bureau des contraventions…
« A l’ombre » mais à la lumière du jour. Une des particularités du commissariat, bientôt situé près de l’Opéra, concerne sa garde-à-vue qui respectera les normes européennes. Celles-ci prévoient en effet, pour les personnes privées de liberté, l’accès à la lumière du jour plutôt que le seul éclairage artificiel. Le bâtiment laissé vacant par le groupe Mornay (retraite et prévoyance) « offre » cette possibilité.
200 à 210 fonctionnaires de police l’investiront dans une huitaine de mois avec un fort sentiment de libération pour ceux qui travaillaient dans des locaux inadaptés. C’est le cas des hommes en poste sur les 1er et 4e arrondissements, sous la direction du commissaire Flahaut, pour quelque temps encore assignés à résidence place Sathonay. « Leurs locaux sont peu dignes d’une ville comme Lyon, ne serait-ce qu’en terme d’accueil du public », faisait remarquer hier Jacques Signourel, directeur départemental de la sécurité publique, dévoilant le projet de construction du futur commissariat au côté du préfet du Rhône, Jacques Gérault.
Spacieux, le nouveau site repensé par Jade Architectes, est, en outre, qualifié de « stratégique ». « Un quartier du 1er a toute notre attention. Le nouveau commissariat en sera situé à l’entrée », a rappelé le préfet à propos du secteur du bas des pentes pour lequel, la semaine dernière, il décidait d’une fermeture ramenée à 1 heure du matin dans treize établissements.
De quoi inquiéter ceux qui se méfient des mesures liberticides, mais aussi d’autres patrons de bars (lire ci-contre). Leur argument du risque d’un déplacement des nuisances vers d’autres lieux – l’effet « splash » – a d’ailleurs été évoqué hier, en même temps que balayé, par le préfet Jacques Gérault, inflexible « sur le droit à la tranquillité de tous les habitants du 1er ». En revanche, les établissements qui ne posent pas de problème « méritent de vivre et de prospérer » a-t-il concédé.
Projeté de longue date, le futur commissariat dont les effectifs ne seront pas à disposition du seul 1er arrondissement, entre à point nommé dans l’actualité. La sécurisation du bas des pentes « que nos concitoyens sont en droit d’attendre », fait l’objet d’une pression policière accrue depuis quelques mois et qui continuera d’être mise sur les épiceries qui vendent de l’alcool la nuit et, dans un autre registre, en faveur de la lutte contre les dealers.
Il faudra attendre sept à huit mois pour que soit opérationnel ce « super » commissariat financé dans le cadre du plan de relance de l’économie à hauteur de 2,4 millions d’euros, pour un total de 3 millions d’euros.
Dans l’immeuble de la place Louis-Pradel, la transformation la plus lourde consistera à créer les locaux de sûreté.
Dominique Menvielle
La fermeture à 1 heure de certains bars fait craindre un déplacement des nuisances
Une pétition circule. Plusieurs bars des 1er et 2e arrondissements réagissent à la décision prise par le préfet du Rhône de supprimer des dérogations d’ouverture tardive. L’arrêté, effectif au 1er juin, concerne une douzaine d’enseignes du bas des pentes repérées comme source de nuisances pour le voisinage. Outre le regret « d’une forme de couvre-feu », ces patrons craignent des conséquences pour leur propre activité. « On déplace le problème en obligeant d’autres quartiers à gérer ces phénomènes », ont-ils écrit au préfet. Considérant la mesure prise « inadaptée », ces commerçants demandent qu’une offre de transport soit proposée à ceux qui, à partir de minuit trente, se trouvent en déshérence en centre-ville. Parmi les premiers signataires, le café 203, l’Harmonie des vins, l’Etoile Opéra…
D. M.
Mercredi 20 mai 2009

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