EUROPEENNES Nora Berra, une discrète qui fait beaucoup parler d’elle (Le Progrès 15 juin 2009)

Élue « par surprise » aux Européennes, voila son nom colporté par la rumeur comme figurant sur la liste des possibles ministrables. Étrangère à la politique spectacle, elle se dit la première étonnée.

Elle en rêvait secrètement tout en refusant d’y croire. Mais le suffrage universel a fait le reste et dimanche soir, cinquième sur la liste UMP, elle s’est retrouvée députée européenne. Et comme une surprise – fut-elle divine – ne vient jamais seule, voila qu’à peine élue, son nom est déjà murmuré à Paris comme figurant sur la liste des éventuelles ministrables. À l’évidence, le destin de Nora Berra s’accélère.

À l’écouter, elle est toutefois la première étonnée, et se déclare au courant de rien quant à un possible maroquin. Et si on lui fait remarquer que, par les temps qui courent, elle possède en sa qualité de femme issue de la diversité, un profil idéal, elle ne cherche pas à dissimuler son agacement : « Si une élue-surprise attire toujours un peu l’attention, il n’en reste pas moins qu’il y a des étiquettes que je refuse. Je ne suis pas une élue issue de la diversité, je représente tous les électeurs qui ont voté pour moi et au-delà ».

Mais il est vrai aussi qu’en dépit de son allure, Nora Berra ne cultive aucun côté glamour. Élégante car d’abord discrète, au risque même de paraître parfois effacée, elle cherche surtout à mettre en valeur un parcours honorable, qu’il soit professionnel ou politique.

Médecin, elle a partagé sa vie entre l’hôpital et de grands laboratoires privés qui lui ont donné une expérience à l’international (elle parle trois langues). Et pour ce qui est de la politique, c’est par la petite porte qu’elle a effectué ses débuts comme conseillère municipale à Neuville-sur-Saône (2001) où le maire de l’époque, Paul Laffly, médecin de famille des Berra, avait très tôt remarqué la jeune femme. Laquelle, qui plus est, était de ses idées pour avoir tété au biberon le lait du gaullisme, le général étant le génie tutélaire de la famille Berra, et Nora sa traductrice officielle à l’usage de parents maîtrisant difficilement toutes les nuances du discours gaullien. Il y a sans doute pire comme initiation à la politique que de lire à voix haute les « Mémoires de guerre » à un âge où l’on est généralement plutôt porté sur le « Club des cinq ».

Élue conseillère municipale de Lyon en 2008, après une première expérience malheureuse aux Européennes de 2004, Nora Berra ne cache pas vivre mal sa condition d’élue d’opposition : « systématiquement tenue à l’écart ». Aussi, c’est avec appétit qu’elle attend Bruxelles, où elle aimerait surtout se consacrer à la santé et à l’environnement, voire à la politique de voisinage. À moins, bien sûr, qu’à Paris on décide pour elle d’un autre avenir.

R.R.

Un parcours exemplaire

1963 : naissance à l’Hôtel-Dieu de Lyon.

Nora Berra est la cinquième d’une famille de onze enfants.

Le père est arrivé en métropole en 1937, sous l’uniforme des tirailleurs algériens, et la mère en 1961.

Au moment de la naissance de Nora, la famille s’est fixée à Neuville-sur-Saône.

1984-1990 : après une terminale au lycée Ampère de Lyon, Nora Berra fait sa médecine en Algérie.

1990-1999 : de retour à Lyon, Nora Berra termine son internat à l’hôpital Édouard-Herriot, où elle entame véritablement sa carrière.

Quoique généraliste de formation, elle travaille au service immunologie, notam- ment auprès des malades du VIH.

1999-2009 : elle travaille successivement pour plusieurs grands laboratoires (Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb).

2009 : Nora Berra est élue députée européenne, après avoir été élue conseillère municipale à Neuville (2001), puis à Lyon (2008).

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Edito Fabienne Levy, lyon radical

Fabienne Levy
Secrétaire Nationale du Parti Radical en charge du Patrimoine et de la Culture | Conseillère Régionale | Conseillère du Grand Lyon | Elue (Lyon 1er)