La voiture électrique redonne de l’espoir au secteur automobile en matière d’emplois (Le Monde 22 juillet 2009)
Renault discute avec le gouvernement pour installer une usine de batteries pour voitures électriques près de l’usine de Flins (Yvelines), qui devrait assembler l’un des deux modèles dotés de ce mode de propulsion, qui seront commercialisés en France en 2011. « Les discussions sont assez bien avancées avec le gouvernement. L’objectif est d’avoir des capacités de production de batteries supplémentaires en France », confirme-t-on chez Renault.
Lors d’un déplacement à Flins, le 25 juin, Christian Estrosi, ministre de l’industrie, avait évoqué la possibilité d’installer une unité de fabrication de batteries de nouvelle génération pour véhicules électriques. « Tout va dépendre de l’aide que nous allons obtenir de l’Etat », fait-on valoir chez Renault.
Ce dernier espère sans doute un schéma semblable à celui imaginé en Grande-Bretagne pour l’usine de son partenaire Nissan, dont il détient 44,4 %. Le gouvernement britannique devrait accorder 200 millions de livres (232 millions d’euros) d’aides et de prêts pour la construction d’une usine de batteries à Sunderland (nord-est), à proximité d’un site qui assemble notamment la Micra, ainsi que le 4 × 4, le Qashqai. En janvier, Nissan avait supprimé 1 200 emplois à Sunderland.
60 000 batteries par an
« C’est une nouvelle formidable pour l’économie locale, qui va créer directement 350 emplois, en créer et en sauvegarder des centaines d’autres chez les fournisseurs associés », s’est félicité Gordon Brown, le premier ministre britannique. Nissan est d’ailleurs en négociation avec le gouvernement de la possibilité que Sunderland produise les véhicules électriques eux-mêmes, en plus des batteries. Entre 2010 et 2011, 750 bornes électriques seront installées dans le nord-est de l’Angleterre.
Au sein de l’alliance Renault-Nissan, le constructeur japonais prévoit aussi d’investir 250 millions d’euros dans la construction d’une autre usine de batteries au Portugal où 250 emplois seront créés. Le lieu reste à trouver. Ces deux usines fourniront chacune 60 000 batteries par an.
Le Portugal, qui ne produit aucune énergie fossile, cherche à réduire sa dépendance aux importations pétrolières. Il y a un an, le pays a signé un accord pour favoriser l’utilisation des voitures électriques à travers à la création d’un réseau de stations de rechargement de batteries. Celui-ci comptera 1 300 postes dans 25 villes du pays d’ici la fin 2011. Le premier ministre portugais, José Socrates, a annoncé lundi 20 juillet des incitations fiscales en faveur des véhicules électriques. Il a aussi promis qu’à partir de 2011, 20 % des véhicules achetés par l’Etat seront électriques.
Les incitations fiscales et l’effort des entreprises vers ce type de véhicule sont deux éléments essentiels à son succès.
En pleine crise du secteur automobile, le discours de Renault est essentiellement tourné vers le véhicule électrique. « Je me positionne sur un créneau que je considère porteur, déclarait récemment Carlos Ghosn, le patron de Renault et de Nissan, répondant à ceux qui estiment cette stratégie risquée. « Sur le véhicule électrique, pour que ça marche, ce sera comme sur le diesel, un problème de réglementation. Le zéro émission doit se traduire par une prime pour l’acheteur et non par un coût », souligne-t-il.
Nathalie Brafman
Mercredi 22 juillet 2009

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