La majorité peine à dégager une vision commune sur les questions de société (Le Monde 18 Février 2010)

La droite croyait avoir fait son aggiornamento sur les questions de société ; elle avance à reculons. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy se promettait de bousculer les clivages traditionnels, d’en finir avec l’image d’une droite « archaïque », cloîtrée dans son refus du pacs, en 1999. Depuis, la majorité présidentielle fait preuve d’une prudence extrême sur les sujets de société, comme la bioéthique ou la parentalité. Quitte à encourir le risque de se faire « ringardiser ».

 Sur ces questions dites de société, la majorité est prise en tenaille. Soucieuse de ne pas brusquer son électorat et d’éviter les impairs législatifs, elle a bien du mal à dégager une vision commune. A l’approche de la révision des lois de bioéthique prévue pour cette année, elle continue de s’interroger. « Le législateur a-t-il son mot à dire sur la famille ? », se demande le groupe UMP de l’Assemblée nationale, qui a réuni un colloque sur ces questions, jeudi 18 février, masquant à peine son embarras à appréhender un domaine qui exacerbe les différentes sensibilités en son sein.

 Statu quo

 Le rapport de la mission d’information sur les lois bioéthiques confié à Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP, se contente à cet égard de prôner le statu quo. Après plusieurs mois d’auditions, il ferme la porte à tous les chantiers ouverts par la révision des lois : pas d’autorisation des mères porteuses, pas de levée de l’anonymat des donneurs de gamètes, poursuite, avec dérogations, de l’interdiction des recherches sur les cellules souches. La mission préconise également de ne plus réviser les lois de bioéthique tous les cinq ans.

 Jean Leonetti avait également été sollicité pour son sens aigu du compromis, afin de désamorcer la fronde soulevée chez une partie de la droite par l’avant-projet de réforme de l’autorité parentale, préparé par la secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano. Le texte, pourtant, répondait à une promesse du candidat Sarkozy, qui s’était engagé à prendre en compte les « nouvelles constellations familiales » et à préciser les droits des tiers intervenant dans la vie des enfants, comme les beaux-parents. D’aucuns, à commencer par Christine Boutin, alors ministre du logement, y ont vu « une reconnaissance détournée de l’homoparentalité ». Cherchant à « apaiser les esprits », le rapport Leonetti édulcore, au final, les propositions de Mme Morano. Un texte est promis pour le printemps.

Chargé par Jean-François Copé d’animer un groupe de travail de l’UMP sur les questions de société, Hervé Mariton reste persuadé que, « sur l’autorité parentale, le fait d’avoir pris position a permis d’éviter des conneries ». Les résistances des députés de l’UMP ne résulteraient-elles pas de la difficulté à définir un socle commun ? « Ce socle commun est fait d’une certaine perplexité quant à la remise en cause de fondements de notre démocratie, et ce, au moment où la crise appelle des repères stables », répond le député de la Drôme.

 Cela s’est notamment vu lors de la discussion sur le travail du dimanche. M. Sarkozy a eu le plus grand mal à convaincre sa majorité d’adhérer à ce qu’il présente comme un un mode de vie à l’anglo-saxonne. Sur l’utilisation d’Internet, lors du projet de loi contre le piratage, plusieurs députés de l’UMP se sont opposés à la position du gouvernement, jugeant qu’elle allait à l’encontre d’ »un mouvement irréversible ».

 Une nouvelle pomme de discorde a surgi récemment autour des « quotas » de boursiers dans les grandes écoles. « Une mauvaise idée, que l’on n’a pas intérêt à voir prospérer », tranche M. Mariton, déplorant l’emballement provoqué par cette affaire. « On a mal géré, du fait d’une insuffisance de franc-parler, de peur de fâcher le président », explique-t-il. La peur est mauvaise conseillère, dit-on.

 Patrick Roger

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Un commentaire pour “La majorité peine à dégager une vision commune sur les questions de société (Le Monde 18 Février 2010)”

  1. Gildas W dit :

    Aborder les questions de société avec Hervé Mariton, cela relève du chalenge ! Il suffit de rappeler son attachement aux cathos tendance intégriste comme on a pu le constater dans l’affaire du téléthon pour comprendre qu’avec ce genre de mentalités, l’UMP sera toujours à côté de la plaque. Ajouter à cela un Léonetti et ses amis, et c’est carrément l’IVG qui va être fragilisée ! J’ai en effet assisté à la farce des états généraux de la bioéthique, et je n’ai jamais croisé autant de soutanes dans ma vie !

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Edito Fabienne Levy, lyon radical

Fabienne Levy
Secrétaire Nationale du Parti Radical en charge du Patrimoine et de la Culture | Conseillère Régionale | Conseillère du Grand Lyon | Elue (Lyon 1er)