Au travail et à la maison, état des lieux de l’égalité hommes-femmes en France (Le Monde 8 mars 2010)
Deux ouvrages parus récemment en librairie, et qui occupent la tête des ventes – Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas (L’Olivier) et Le Conflit, la femme et la mère d’Elisabeth Badinter (Flammarion) – illustrent les difficultés auxquelles doivent faire face les femmes dans leur vie professionnelle : le premier, en montrant la précarité à laquelle sont soumises les femmes de ménage de Normandie ; le deuxième, en soulignant les difficultés à concilier vie de mère et vie professionnelle. A l’occasion de la journée internationale des femmes, Le Monde.fr fait le point sur les dernières statistiques et études sur l’état de la parité en France.
Temps partiel, horaires fractionnés… : la précarité se conjugue au féminin
L’activité des femmes progresse, mais au prix d’une plus grande précarité de l’emploi. Leur taux d’activité est passé de 60 % en 1975 à 82 % en 2006, alors que celui des hommes, sur cette même période, baissait légèrement de 97 % à 95 %, soulignait l’Insee dans une étude sur la parité parue en 2008.
Sur le front du chômage, l’Observatoire des inégalités souligne que « pour la première fois depuis les années 1970, le taux de chômage des femmes équivaut à celui des hommes. De quatre points jusqu’au milieu des années 1990, l’écart est tombé à zéro au troisième trimestre 2009″. Reste que les conditions d’emploi sont loin d’être identiques. Les femmes sont les premières touchées par la précarité, à commencer par le travail à temps partiel : quatre salariés à temps partiel sur cinq sont des femmes. Dans un rapport présenté en 2008 au Conseil économique et social, l’entrepreneuse Geneviève Bel tire la sonnette d’alarme : « Le temps partiel a incontestablement un genre, le genre féminin. » Un temps partiel dont le caractère subi distingue la France de ses voisins européens, comme le montrait en 2006 une étude de l’Insee sur l’activité féminine : « En France, un emploi à temps partiel sur trois est déclaré involontaire contre un sur six pour l’Union européenne. »
Des inégalités salariales persistantes
Tous temps de travail confondus, les femmes touchent 27 % de moins que les hommes, selon les données du ministère du travail. Cet écart est plus au moins grand selon la catégorie socio-professionnelle, comme le montre cette infographie du Monde.fr. Les inégalités salariales s’expliquent en premier lieu par l’importance du temps partiel féminin. Mais en ne prenant en compte que les salariés à temps complet, les femmes perçoivent toujours 19 % de moins que les hommes. Et même à poste et niveau de qualification équivalents, les femmes gagnent 10 % de moins que les hommes. Un constat appuyé fin février par une étude de l’Insee sur l’emploi en début de carrière, qui conclut que « pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10 % à ceux des femmes ».
Difficultés à conjuguer maternité et vie professionnelle
La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), dans son rapport annuel 2009, publié vendredi 5 mars, fait état d’une hausse spectaculaire des plaintes pour discrimination déposées par des femmes enceintes. En 2009, 250 cas ont été signalés – deux fois plus qu’en 2008 –, concernant des CDD non renouvelés, une absence de promotion, ou encore une période d’essai brutalement interrompue après un congé maternité. La Halde a donc lancé une campagne d’information à destination des femmes enceintes.
Mardi 9 mars 2010

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